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 Légende des routes de la soie 

Les routes de la soie : liaisons transcontinentales de plus de 7000 km depuis l'antiquité jusqu'à nos jours

Définition:

Les routes de la soie consistent en un réseau de pistes caravanières fréquentées depuis l'antiquité. La soie fut pendant longtemps le produit le plus important transporté sur cette route transcontinentale longue de plus de 7 000 km. De tout temps, la route a facilité les échanges culturels et économiques. Cependant le monde occidental ne prend réellement connaissance de l'existence de cette route qu'à la suite de la publication des récits des différents voyages du vénitien Marco Polo (13e siècle). Si la route a perdu de son importance à partir du 16e siècle, notamment en raison du développement de la navigation maritime, elle connaît actuellement un renouveau et a même été modernisée. Pour la Chine occidentale et les nouveaux états d'Asie centrale, il s'agit d'un moyen d'ouverture et de rétablissement d'anciens liens. Les touristes, les idées, les biens, les chercheurs et les innovations continuent à circuler sur cette route fascinante reliant l'Europe à l'Asie.

 

 Histoire:

L'histoire raconte que, vers l'an 2700 avant J-C, la princesse chinoise Xi Ling Shi, épouse de l'empereur Hoang-Ti, aurait par hasard découvert la première ce précieux fil d'un cocon sauvage tombé d'un mûrier.

L'impératrice découvrit que les petits vers blancs mangeaient les feuilles de mûriers et filaient de brillants cocons. En jouant avec l'un d'eux, tombé par hasard dans son thé, elle sortit un fil délicat. Très vite elle s'aperçut que ce fragile filament pouvait être dévidé et assemblé. Elle avait découvert la soie.

L'impératrice convainquit son époux de lui offrir un verger de mûriers pour élever des vers à soie. La soie servit alors très rapidement de monnaie d'échange ou de récompense.

Les paysans furent contraints de cultiver des mûriers sur une partie de leurs terres et de payer les taxes en pièces de soie. 

Pendant trente siècles, les Chinois gardèrent farouchement leur secret et le monopole lucratif de la production et du commerce de la soie. Les décrets impériaux punissaient de mort quiconque essayait de le transgresser. 

La fin du secret de la soie est due à une autre princesse chinoise qui, en 420, épousant un prince de Khotan, apprit de celui-ci qu'il n'y avait pas de vers à soie dans son pays.

Ne pouvant renoncer à ses habits de soie, la princesse décida de frauder les édits impériaux. Elle cacha, le jour de son départ, des œufs de bombyx et des graines de mûriers dans sa coiffure. Les gardes-frontières n'osèrent pas la fouiller. Les œufs éclorent, les graines germèrent et donnèrent naissance à une industrie de la soie dans ce pays.

La princesse apprit aux femmes de Khotan les secrets de l'élevage et de la fabrication du fil et des étoffes, et c'est ainsi que le ver à soie partit de ce pays à la conquête d'autres contrées. 

Dès l'Antiquité, les Chinois exportèrent la soie, par terre et par mer. Ces routes ont une histoire aussi ancienne que la vie du ver à soie.

Un siècle avant la naissance du Christ, un jeune et audacieux Chinois du nom de Chang Ch'ien fut chargé d'une mission secrète et traversa la Chine jusqu'aux régions alors lointaines et mystérieuses de l'Ouest.

Ce fut l'un des plus importants voyages de l'histoire, car il donna naissance à la Route de la soie, nom donné à ce voyage au XIXe siècle par un ethnologue allemand, le baron Ferdinand Von Richtofen.

La soie fut acheminée par cette route, de la Chine vers le Moyen-Orient et l'Occident, par voies maritime et terrestre. 

L'itinéraire des caravanes marchandes, avec leurs centaines ou milliers d'animaux (chevaux, ânes, mulets, chameaux, yaks) était déterminé par la géographie : les cols, les gués, les points d'eau, la pâture, et par les villes et bazars où l'on pouvait se ravitailler, remplacer les animaux morts ou épuisés, faire des opérations commerciales.

Au rythme de 25 à 30 kilomètres par jour, sans compter les arrêts, une charge de marchandises partie de Chine pouvait mettre un an et plus à atteindre la Perse.

Plus encore que les hautes montagnes Tianshan, Pamirs, Kunlun, Karakoram, les voyageurs redoutaient la traversée des interminables déserts qui s'étendent de Dunhuang au Lob-Nor et au Taklamakan, jalonnés de squelettes d'animaux et sur lesquels circulèrent, jusqu'au XVIIe siècle, des histoires effrayantes de démons qui égarent les aventuriers.

Mais les pires dangers affrontés par les marchands étaient le fait des hommes: la guerre ou les brigands obligeaient la circulation commerciale à s'interrompre ou à se détourner sur d'autres itinéraires.

En fait, très rares sont ceux qui parcoururent l'intégralité du trajet (Marco Polo, son père et son oncle furent de ceux-ci): les marchandises venues d'Orient ou d'Occident s'échangeaient dans les oasis, devenues des comptoirs importants que fréquentaient, outre les commerçants, des pèlerins, des soldats et autres espions.

La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux, aux attaques des brigands, à l'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver) rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l'Extrême-Orient.

Ce fut une des raisons qui engagea d'ailleurs les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d'Orient. La Route de la soie fut ensuite progressivement abandonnée au XVe siècle.

Outre la soie, sur cette route transitaient thé, rubis, saphirs, diamants, ambre, ivoire, porcelaine, verrerie, teintures, épices (cannelle, poivre), médicaments (bile d'ours, corne de rhinocéros, os de tigres), plantes et arbres (luzerne, vigne, noyers, pêchers, poiriers) et aussi charbon et pétrole.

La Route de la soie est un phénomène précoce d'intégration politique et culturelle, conséquence du commerce international. Elle maintenait une culture internationale qui liait ensemble des peuples aussi divers que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois.

La Route de la soie fut aussi une voie pour les religions: bouddhisme, christianisme, judaïsme et islam. 

   
       
       
       
       
       
       
       
       
       
                                               
   

 

 

 

 

 

 

 

 

   
   

     
         
         
   

 

                       
   

     
         
         
                             
   

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